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Cours · Avant ton premier projet

Premiers pas avec Arduino

Avant même de brancher ta première LED, prends 20 minutes pour installer le bon logiciel, comprendre ce qu'est une carte Arduino, et apprendre les 5 réflexes qui éviteront 90 % des problèmes. Ce guide est pensé pour quelqu'un qui ouvre son tout premier kit.

Lis ce guide en entier une seule fois, puis attaque le projet « La LED qui clignote ». Reviens piocher la section qui te bloque en cas de besoin.

C'est quoi Arduino, en vrai ?

Arduino est un petit ordinateur de la taille d'une carte de crédit. Très simple, peu puissant — mais avec des broches électriques qu'on peut activer ou lire depuis un programme. C'est ça toute la magie : tu écris du code sur ton PC, tu l'envoies sur la carte, et tu peux commander des LEDs, lire des capteurs, faire tourner des moteurs.

Le mot « Arduino » désigne à la fois la carte (le matériel) et l'IDE (le logiciel sur ton PC pour écrire et téléverser le code).

Le bon réflexe

Pense à l'Arduino comme à un interrupteur très, très intelligent. Ce n'est PAS un ordinateur qui exécute Word ou un jeu vidéo — c'est un microcontrôleur qui répète une petite tâche en boucle, rapidement et fiablement.

Ce qu'il te faut pour démarrer

Si tu as un Kit SunuMake Découverte, tu as déjà tout. Sinon, voici la liste minimale :

  • Une carte Arduino UNO (ou Nano, ou un clone compatible)
  • Le câble USB qui va avec (USB-A vers USB-B carré pour UNO, ou USB-C/micro-USB pour Nano)
  • Un ordinateur sous Windows, Mac ou Linux (rien de puissant requis)
  • Une plaque d'essai (breadboard) — pour câbler sans souder
  • Des fils de connexion (jumpers)
  • Quelques LEDs et résistances 220 Ω pour les premiers tests
Attention à l'achat

Les clones Arduino chinois fonctionnent parfaitement, mais certains nécessitent un driver USB spécial (CH340G). Si ta carte n'est pas reconnue, c'est probablement ça — cf. la section dépannage.

Installer Arduino IDE

L'Arduino IDE est gratuit et libre. Télécharge-le depuis le site officiel :

arduino.cc/en/software

Windows

Télécharge l'installeur .exe (version « Windows MSI installer » de préférence), lance-le, accepte tout. Au moment où il demande d'installer les drivers (Adafruit, Arduino USB Driver, etc.), dis oui à tout — sinon ta carte ne sera pas reconnue.

macOS

Télécharge le .dmg, glisse l'application Arduino dans le dossier Applications, ouvre-la. macOS gère les drivers tout seul pour les cartes officielles.

Linux

Télécharge l'AppImage (recommandé), rends-la exécutable (clic droit → propriétés → autoriser l'exécution), lance-la. Pas d'installation système nécessaire.

Sur Ubuntu/Debian, ajoute aussi ton utilisateur au groupe dialout pour que l'IDE puisse accéder au port série :

terminal
sudo usermod -a -G dialout $USER
# Déconnecte-toi et reconnecte-toi pour que ça prenne effet.

Brancher la carte pour la première fois

  1. Branche le câble USB côté carte d'abord, puis côté PC.
  2. La petite LED « ON » de la carte doit s'allumer immédiatement. Si elle ne s'allume pas, vérifie ton câble USB (certains câbles ne transmettent que la charge, sans données — change de câble).
  3. Ouvre Arduino IDE. Va dans le menu Outils → Type de carte et choisis « Arduino Uno » (ou le modèle de ta carte).
  4. Va dans Outils → Port. Tu dois voir apparaître un port :
    • Sur Windows : COM3, COM4, etc.
    • Sur macOS/Linux : /dev/cu.usbmodem... ou /dev/ttyUSB0
  5. Sélectionne ce port. C'est tout.
Aucun port ne s'affiche ?

C'est probablement le driver CH340G qui manque (cartes clones). Cherche « CH340G driver » + ton OS, installe, redémarre l'IDE. La section dépannage en bas reprend ce point en détail.

Anatomie d'un programme Arduino

Un programme Arduino s'appelle un sketch (fichier .ino). Il contient toujours ces deux fonctions :

anatomie.ino
void setup() {
// Code exécuté UNE SEULE FOIS, au démarrage.
// Ici on configure les broches (entrée/sortie).
}
void loop() {
// Code exécuté EN BOUCLE, indéfiniment,
// tant que la carte est alimentée.
}
  • setup() ne tourne qu'une fois — au démarrage ou après un reset. On y prépare le matériel.
  • loop() est rejouée en boucle à grande vitesse (des dizaines de milliers de fois par seconde). C'est là que vit ton programme.

Toutes les instructions se terminent par un ; (point-virgule). C'est comme le point final d'une phrase en français — oublie-le, ton programme refuse de compiler.

Téléverser ton premier programme

Dans le menu Fichier → Exemples → 01. Basics → Blink, Arduino IDE ouvre le programme d'exemple le plus célèbre du monde. Il fait clignoter la LED intégrée à la carte (broche 13).

  1. Ouvre Fichier → Exemples → 01. Basics → Blink.
  2. Clique sur le bouton « Vérifier » (la coche en haut à gauche). Ça vérifie que ton code se compile sans erreur.
  3. Clique sur le bouton « Téléverser » (la flèche à côté). Ça envoie le code sur la carte.
  4. En bas de l'IDE, tu vois « Téléversement terminé », puis la LED orange à côté de la broche 13 commence à clignoter.
Bravo, tu es officiellement un maker.

Sans poser un seul fil ni ajouter un seul composant, tu viens de faire tourner ton premier programme Arduino. La LED intégrée à la carte t'a obéi. Maintenant, tu peux passer au projet « La LED qui clignote » pour brancher une LED externe.

Comprendre les broches

Une carte Arduino UNO a deux types de broches sur ses côtés :

Broches numériques
D0 → D13

Lisent ou écrivent uniquement 2 valeurs : HIGH (5 V) ou LOW (0 V). Idéales pour LEDs, boutons, buzzers.

Broches analogiques
A0 → A5

Lisent une tension variable (0 → 5 V) et la convertissent en un nombre entre 0 et 1023. Idéales pour potentiomètres, LDR, capteurs.

Côté écriture, certaines broches numériques (3, 5, 6, 9, 10, 11, marquées d'un ~) supportent la PWM — une simulation d'analogique qui permet de varier la luminosité d'une LED ou la vitesse d'un moteur. On en reparle dans les projets concernés.

sketch.ino
pinMode(13, OUTPUT); // broche 13 : on va y ÉCRIRE (commander une LED)
pinMode(2, INPUT_PULLUP); // broche 2 : on va y LIRE (un bouton)
digitalWrite(13, HIGH); // mets la broche 13 à 5 V
digitalRead(2); // lis l'état de la broche 2 → renvoie HIGH ou LOW
analogRead(A0); // lis A0 → renvoie un entier entre 0 et 1023

La breadboard

La breadboard (ou « plaque d'essai ») est cette petite plaque blanche pleine de trous. Elle te permet de relier les composants sans souder — tu enfonces, tu retires, tu réorganises à volonté.

Sa structure interne suit trois règles simples :

  • Les rails latéraux (les longues bandes rouges et bleues sur les bords) sont continus sur toute la longueur. On y met le 5 V (rouge) et le GND (bleu).
  • Les colonnes centrales (numérotées par groupes de 5 trous) sont connectées verticalement. Tous les trous d'une même colonne sont reliés entre eux.
  • La fente centrale (entre les deux blocs) coupe la connexion. Ce qui est au-dessus n'est PAS relié à ce qui est en-dessous — pratique pour planter les composants à cheval.

Lire une résistance

Les résistances sont ces petits cylindres avec des anneaux de couleurs. La valeur se lit avec un code couleur — voici les 4 couleurs qui reviennent le plus dans nos projets :

ValeurAnneauxUtilisée pour
220 ΩRouge, Rouge, Marron, OrProtection d'une LED
1 kΩMarron, Noir, Rouge, OrDiviseur de tension léger
10 kΩMarron, Noir, Orange, OrDiviseur LDR, pull-up

Pour les autres valeurs, ouvre n'importe quel calculateur de code couleur en ligne — il y en a des dizaines, c'est plus rapide que d'apprendre par cœur.

Les 5 réflexes du bon maker

  1. Toujours débrancher la carte avant de modifier le câblage. Brancher/débrancher des fils sur une carte alimentée risque de créer des courts-circuits.
  2. GND commun obligatoire. Si tu utilises plusieurs sources d'alimentation (USB + pile externe), relie TOUS les GND ensemble. Sinon les signaux ne passent pas.
  3. Une LED sans résistance = une LED grillée. Toujours mettre une 220 Ω en série avec une LED branchée sur du 5 V.
  4. Le moniteur série est ton meilleur ami. Pour déboguer, ajoute des Serial.print() pour voir ce qui se passe — c'est l'équivalent du « print » en Python.
  5. Ne pas dépasser 40 mA par broche ni 200 mA total sur l'Arduino. Pour des moteurs ou des LEDs puissantes, utilise un transistor ou un driver (relais, L298N…).

Ça ne marche pas ?

Le bouton « Téléverser » donne « erreur : avrdude / no port »

C'est que le port USB n'est pas sélectionné. Outils → Port → choisis la carte. Si AUCUN port n'apparaît : c'est le driver. Sur Windows, installe le driver CH340G (cherche « CH340 driver windows »). Sur Mac, redémarre. Sur Linux, vérifie que tu es bien dans le groupe dialout.

« avrdude : stk500_getsync() : not in sync : resp=0x00 »

Mauvais type de carte sélectionné. Outils → Type de carte → vérifie. Sur certaines cartes Nano clones, il faut choisir « Processeur : ATmega328P (Old Bootloader) » au lieu du nouveau.

Mon code se compile mais rien ne se passe sur la carte

Téléversement OK mais comportement absent ? Vérifie 3 choses : (1) le câblage physique, (2) le numéro de broche dans ton code correspond à la vraie broche, (3) la LED ou le composant n'est pas inversé (patte longue = +).

L'Arduino redémarre tout seul quand un moteur tourne

Le moteur tire trop de courant et fait chuter la tension d'alimentation. Solution : alimenter le moteur avec une pile externe (et relier les GND ensemble).

Le moniteur série affiche des caractères bizarres

Mauvaise vitesse (baudrate). En haut à droite du moniteur, vérifie que le baudrate correspond à celui de ton Serial.begin() — typiquement 9600 ou 115200.

Prêt à construire ton premier circuit ?

Tu as l'IDE installé, la carte connectée, et les bases en tête. Direction le projet « La LED qui clignote ».

Démarrer le projet n°1